Placer l'eau au centre du développement économique et social

L’Afrique centrale est dotée d’abondantes ressources en eau. En effet, les besoins annuels en eau par habitants sont estimés à 1700 m3/an. En 2007 un volume de 2400 m3 était disponible pour chaque habitant de la région.

Pourtant les pays de la région sont confrontés à de nombreux défis presque tous liés à l’eau. Les pays de la région doivent par conséquent relever plusieurs défis (social, économique et institutionnel) pour assurer leur sécurité en eau.

Sur le plan social on notait en 2004 qu’environ 40 millions de personnes n’avaient pas accès à l’eau potable surtout dans les zones rurales et périurbaines et 800 millions de personne n’avaient pas accès à l’assainissement. Le taux de mortalité des enfants de zéro à cinq ans est très élevé (240 pour mille en Angola). Environ 780.000 personnes sont exposées à la sécheresse, 860.000 aux inondations et 70% des maladies sont d’origine hydrique.

Sur le plan économique on remarque que bien qu’il y ait abondance des ressources en eau pour l’irrigation et les terres fertiles, seulement 0.3% de ces termes sont irriguées alors qu’en 2004, 59 millions des populations ont souffert de malnutrition. Dans une région ayant le second potentiel hydroélectrique au monde moins de 7% de ce potentiel est exploité et seul 16% des populations ont accès à l’électricité. Une situation qui n’encourage pas des investissements privés dans le secteur.

D’un point de vue institutionnel on constate le manque ou le non fonctionnement d’institutions fédératrices de tous les intervenants du secteur. Des ressources humaines vieillissantes et non renouvelées, un manque de cohérence dans les politiques de gestion du secteur. Un déficit ne organisme des bassins, l’absence d’un centre d’information sur l’eau, le faible investissement public dans le secteur.

Pour améliorer la sécurité de l’eau cinq défis majeurs sont à relever : la mobilisation de la volonté politique au plus haut niveau pour placer l’eau au centre des politiques de développement, l’amélioration de la gouvernance de l’eau, l’utilisation efficiente de l’eau, la promotion des investissements dans le secteur et l’alimentation des zones périurbaines et rurales en eau.

Les actions menées dans la région consistent pour le GWP Afrique centrale (GWP-CAf) à apporter son appui aux instances compétentes pour traduire les déclarations et engagements des Chefs d’Etats et de Gouvernements de l’Afrique centrale en actions concrètes. C’est par exemple le cas de la politique régionale de l’eau de l’Afrique centrale adoptée le 24 octobre 2009 par les Chefs d’Etats et de Gouvernements de la CEEAC. Le GWP-CAf contribue également au développement d’instruments de gestion dans le but d’aider les pays à mettre en œuvre de façon pratique la gestion durable des ressources en eau et favoriser l’atteinte des Objectifs de Développement pour le Millénaire. Un des chantiers présent du GWP-CAf est le développement d’un mécanisme régional de financement durable du secteur de l’eau issu d’études sur le financement du secteur en Afrique centrale ces cinq dernières années. La proposition du GWP-CAf sera présentée aux parties prenantes de la région au cours d’un atelier régional courant mai 2010 à Douala. Entre autres participants à cet atelier, nous pouvons citer la BAD, la CEEAC, la BDEAC et les ministères en charge de l’eau, des finances, de l’économie et de la planification de la région.