Son objectif central est de renforcer le système national d’alerte précoce aux inondations, en combinant des technologies innovantes (capteurs low‑cost, télédétection, apprentissage profond) et une forte mobilisation des acteurs locaux.

Processus de mise en œuvre
Le projet s’est déployé en plusieurs étapes méthodologiques :
- Mobilisation et coordination : réunions de démarrage, création d’un groupe de travail par l’AEDD, implication des parties prenantes.
- Collecte et analyse des données : climat, hydrologie, topographie, occupation du sol et socio‑économie, complétées par des données historiques et des réanalyses.
- Caractérisation des risques : analyses fréquentielles, identification des sous‑bassins, cartographie des expositions (écoles, hôpitaux, routes, marchés, etc.).
- Intégration aux systèmes existants : diagnostic du SAP national, interopérabilité avec les modèles hydrologiques (HBV, GR4J, HEC), définition des seuils de vigilance.
- Déploiement technologique : installation de stations hydrométriques et capteurs GSM, développement de la plateforme SAPCI pour la prévision et l’alerte.
- Renforcement des capacités : formation de six cadres techniques à l’utilisation de la plateforme et aux modèles hydrologiques.

Ce qui a permis d’atteindre les résultats suivants :
- Infrastructure opérationnelle : deux stations hydrométriques installées à Koula, réseau de capteurs fonctionnel.
- Plateforme numérique : SAPCI opérationnelle, en cours d’intégration avec les systèmes nationaux.
- Cartographie validée : méthodologie établie et cartes de risques produites pour la commune pilote de Koula.
- Expertise renforcée : équipe nationale et régionale mobilisée, diagnostic national des systèmes de surveillance validé.
- Capacités locales accrues : formation de cadres techniques et appropriation par les acteurs locaux.
Entre autres difficultés rencontrées, on peut citer :
- Accès limité à certaines données météorologiques, nécessitant le recours à des sources alternatives (GloFAS, IFS).
- Retards ponctuels dans l’acquisition des équipements essentiels.

La mise en œuvre du projet a permis de dégager plusieurs enseignements majeurs :
- L’appropriation locale et la coordination interinstitutionnelle constituent les fondements indispensables pour assurer la pérennité du système.
- Le recours à des technologies simples et accessibles facilite leur utilisation et encourage la formation continue des acteurs.
- La maintenance régulière et la garantie d’un financement récurrent sont essentielles pour préserver la durabilité des équipements installés.
- L’interopérabilité des systèmes apparaît comme une condition clé pour intégrer efficacement les innovations au dispositif national du PGRCI.
- La cartographie dynamique s’impose comme un outil stratégique permettant d’anticiper les impacts et de guider les décisions en matière de gestion des risques.
Au moment où le projet arrive à son terme, plusieurs pistes d’action se dégagent :
- Finaliser le protocole de partage des données entre Mali Météo et la DNH, afin d’assurer la continuité et la fiabilité du système d’alerte.
- Étendre la méthodologie et la plateforme vers d’autres communes vulnérables, pour élargir la couverture nationale et renforcer la résilience des territoires exposés.
- Institutionnaliser la formation continue et les exercices d’alerte, garantissant le maintien des compétences des acteurs et une réactivité optimale en situation de crise.
- Mettre en place un dispositif de maintenance et de calibration régulière des stations et capteurs, accompagné d’un budget dédié, afin de préserver la durabilité des équipements et la qualité des données collectées.

Pour conclure, le projet AFCIA Mali illustre comment l’innovation technologique, alliée à une forte mobilisation institutionnelle et communautaire, peut transformer la gestion des risques climatiques en Afrique de l’Ouest. En dotant Koula au Mali, d’outils modernes de prévision et d’alerte, il offre un modèle reproductible pour d’autres zones vulnérables. La pérennité des acquis dépendra de la consolidation des partenariats, de la maintenance des infrastructures et de l’élargissement de la méthodologie à l’échelle nationale.